Climat : « Personne n’échappera… », l’avertissement de la RDC au monde entier

Des délégués de plus de 60 pays et des organisations assistent depuis ce lundi 3 Octobre 2022 aux pourparlers informels de deux jours à Kinshasa, dont l’envoyé américain pour le climat John Kerry et la secrétaire générale adjointe de l’ONU, Amina Mohammed. L’événement se termine mercredi avec des discussions parallèles. Avertissant que « personne n’échappera » à une crise qui s’aggrave, la RD Congo a lancé lundi des appels à une augmentation des financements pour freiner le réchauffement climatique et lutter contre ses impacts au début des pourparlers pré-COP27 sur le climat à Kinshasa, qui précèdent le 27e sommet de l’ONU sur le changement climatique, qui doit avoir lieu en Égypte le mois prochain.

Lors des cérémonies d’ouverture au Palais du peuple, le Vice-Premier ministre et ministre congolaise de l’environnement, Eve Bazaiba, a appelé les pays à respecter les engagements financiers et à approuver les plans visant à aider à compenser les dommages causés par le climat. Elle a ajouté que l’argent destiné à protéger les forêts tropicales absorbant le carbone – dont la RDC possède de vastes étendues – ne devrait pas être considéré comme une aide mais comme un investissement dans l’avenir de l’humanité.

Elle a en outre a déclaré aux délégués pré-COP27 que l’Afrique était confrontée à un dilemme puisque le continent a si peu contribué au changement climatique et dispose pourtant de ressources en combustibles fossiles qui pourraient réduire la pauvreté. « Que devons-nous faire dans cette circonstance, laisser nos enfants et petits-enfants mourir de faim ? » a-t-elle demandé, sous des applaudissements retentissants dans la salle. « Autant nous avons besoin d’oxygène, autant nous avons besoin de pain », a-t-elle déclaré.

« A moins qu’un effort mondial ne soit fait… personne n’échappera », a averti Bazaiba. « Nous respirons tous le même air ».

De son côté, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Shoukry, a également souligné le besoin de plus d’argent, notant une promesse non tenue – remontant à la COP15 à Copenhague en 2009 – de fournir aux pays en développement 100 milliards de dollars par an pour lutter contre le changement climatique. « Le tableau n’est pas rassurant », a-t-il déclaré. Pour sa part

La secrétaire générale adjointe de l’ONU, Amina Mohammed, a fait le point sur la bataille d’aujourd’hui. « Tous les indicateurs sur le climat vont dans la mauvaise direction », a-t-elle déclaré.

Le financement actuel de l’adaptation au climat est une « somme dérisoire » par rapport à l’ampleur probable des besoins futurs, a-t-elle renchéri.

L’américain John Kerry, après avoir rencontré Bazaiba dans l’après-midi en bilatéral, s’est dit convaincu qu’il était possible de protéger l’environnement « mais aussi d’avoir un développement et une création d’emplois appropriés dans la région ».

Le premier ministre congolais Sama Lukonde à l’ouverture de la Pré-Cop27 à Kinshasa (Photo droits tiers)

Le Premier ministre congolais, Jean-Michel Sama Lukonde, qui a lancé ces travaux de la Pre-Cop27 a souhaité « un succès aux échanges qui auront lieu sur les points inscrits à l’ordre du jour, notamment les questions d’adaptation aux impacts du changement climatique relatives à la gestion des émissions de gaz à effet de serre, à la finance climat et aux pertes d’eau ».

D’après des analystes, aucune annonce officielle n’est attendue dans ce qui est présenté comme un exercice de défrichage avant la conférence du mois prochain, qui aura lieu à Charm el-Cheikh du 6 au 18 Novembre. Un plus grand soutien des pays les plus riches, historiquement les plus grands pollueurs de carbone du monde, à leurs homologues les plus pauvres devrait dominer les pourparlers. Mais les tensions économiques post-pandémiques et l’invasion de l’Ukraine par la Russie ont assombri la question de l’argent, pensent certains.

Pour rappel, le dernier sommet de l’ONU sur le climat, la COP26 à Glasgow en Novembre 2021, a réaffirmé l’objectif – convenu à Paris en 2015 – de limiter l’augmentation de la température moyenne de la Terre bien en dessous de 2,0 degrés Celsius (3,6 degrés Fahrenheit) au-dessus des niveaux préindustriels et poursuivre les efforts pour le limiter à 1,5C. Cependant, ce dernier objectif est peut -être déjà hors de portée car la température de la Terre est déjà supérieure de 1,2 °C à ce qu’elle était avant la révolution industrielle.

Les pays les plus pauvres avaient également fait pression à Glasgow pour un mécanisme financier pour faire face aux pertes et aux dommages causés par le changement climatique. Mais les États plus riches ont rejeté l’appel et les participants ont plutôt convenu d’entamer un « dialogue » sur la compensation financière des dommages.

A noter qu’environ 30 milliards de tonnes de carbone sont stockées dans le bassin du Congo, ont estimé des chercheurs dans une étude pour Nature. Ce chiffre équivaut à peu près à trois années d’émissions mondiales. Ainsi la RDC s’affiche comme « pays solution » dans cette lutte climatique.

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La REDACTION

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