22 Juillet : L’Opposition et la Majorité joue au ping-pong
La rue kinoise respire enfin après l’annulation simultanée des manifestations de l’opposition et de la majorité présidentielle qui devaient paralyser la capitale. En l’espace de 24 heures, la Coalition Article 64, C64, et l’Union Sacrée de la Nation, USN, ont toutes deux annoncé le report de leurs marches initialement prévues ce mercredi 22 juillet 2026. Ce double désistement de dernière minute transforme ce qui s’annonçait comme un affrontement populaire à haut risque en un véritable jeu de ping-pong politique, arbitré par l’annonce d’un dialogue national.
L’opposition, regroupée au sein de la Coalition C64 avec des figures comme Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund, a dégainé la première en annonçant le lundi 20 Juillet le report de sa marche vers le Palais de la Nation. Motivée par les appels pressants de la CENCO et de l’ECC, la plateforme affirme vouloir donner une « chance au dialogue » initié par le président Félix Tshisekedi. Cependant, ce retrait stratégique s’accompagne d’un ultimatum strict donné au pouvoir jusqu’au 15 août 2026 pour convoquer formellement ces assises nationales. En cas de dépassement, l’opposition promet de relancer ses actions citoyennes pacifiques contre tout projet de révision constitutionnelle.
Du côté de la majorité présidentielle, le renvoi de la balle a été plus laborieux. Pas plus tard que ce mardi 21 Juillet, les cadres de l’Union Sacrée de la Nation, USN, campaient fermement sur leurs positions politiques. Ils menaçaient de maintenir leur propre contre-manifestation nationale en guise de démonstration de force face à l’opposition. Ce jusqu’au-boutisme se heurtait pourtant à l’interdiction officielle de rassemblement décrétée par le gouverneur de la ville, Daniel Bumba. À moins de 24 heures de l’échéance, le secrétaire permanent André Mbata a finalement annoncé le report de leur marche, officialisant le repli stratégique de la majorité pour s’aligner sur l’apaisement temporaire.
Ce renvoi de balle permanent entre la C64 et l’USN démontre que la rue reste le principal instrument de chantage politique à Kinshasa. Alors que les cortèges croisés ont été évités de justesse, l’attention se tourne désormais vers la concrétisation du dialogue national. Les semaines à venir détermineront si ce ping-pong débouche sur une réelle décrispation ou sur une nouvelle crise ouverte à la mi-août. Wait and see !
