Justice : Devant la barre pour crimes contre l’humanité, Roger Lumbala refuse de mourir seul
Le procès de Roger Lumbala Tshitenga, ancien chef rebelle et ancien ministre en République démocratique du Congo, RDC, s’est ouvert le mercredi 12 Novembre 2025 devant la Cour d’assises de Paris. Il est accusé de crimes contre l’humanité qui auraient été commis dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri entre 2002 et 2003. Il s’agit du premier procès au nom du principe de la compétence universelle pour des atrocités commises en RD Congo par un ressortissant congolais. La ligne de défense affichée d’entrée de jeu par l’accusé fait déjà penser qu’il vendra très cher sa peau.
Agé de 67 ans Roger Lumbala est en effet accusé de complicité de crimes contre l’humanité, notamment des exécutions sommaires, des actes de torture et autres traitements inhumains, des viols, des pillages et réduction en esclavage, y compris esclavage sexuel lors de l’opération « Effacer le tableau ». Cette opération militaire a été menée par le RCD-National entre octobre 2002 et janvier 2003 dans plusieurs localités de l’Est de la RDC : Bafwasende, Isiro et Mambasa avec pour finalité de s’emparer de Beni, un territoire riche en minéraux situé dans la province du Nord Kivu.
C’est en Décembre 2020 que les autorités françaises ont arrêté Roger Lumbala à Paris, et l’ont inculpé en novembre 2023 en vertu du principe de compétence universelle. Une légitimité que Roger Lumbala conteste. « Cela ne vous rappelle pas les siècles passés ? (…) Regardez la composition de la cour (…) aucun n’est informé de la situation réelle du pays (…) tandis qu’il y a « un Africain dans le box », a-t-il avancé.
Et à en croire certaines sources, plusieurs témoins devraient être entendus au cours du procès. Pour cela, Lumbala a demandé la comparution de Jean-Pierre Bemba, actuel vice-Premier ministre congolais, et de Constant Ndima, ancien gouverneur militaire du Nord-Kivu. L’accusé souhaite également l’audition d’anciens membres du Rassemblement congolais pour la démocratie-National, RCD-N.

Pour plusieurs observateurs, le procès de Roger Lumbala est un triste rappel de l’impunité persistante dont bénéficient les auteurs d’atrocités en RD Congo. Depuis plus de trois décennies, l’absence quasi totale de reddition de comptes contribue à des cycles d’abus sans fin.
Il sied de noter que l’enquête préliminaire dans cette affaire remonte à décembre 2016, tandis que l’information judiciaire avait été ouverte en janvier 2021.
