Aggravation de la guerre à l’Est de la RDC : Fridolin Ambongo revient à la charge
La 15ᵉ Assemblée plénière de l’Association des Conférences épiscopales de l’Afrique centrale, ACEAC, qui s’est achevée le dimanche 14 Décembre 2025 dans la Capitale congolaise, a servi de tribune à l’archevêque de Kinshasa, pour émettre un point de vue sur l’actualité brûlante de son pays la République Démocratique du Congo, RDC.
Dans son message prononcé en effet à cette occasion le dimanche 14 Décembre à la Cathédrale Notre-Dame du Congo, à Kinshasa, Fridolin Ambongo a relevé ce qu’il estime être les limites des initiatives diplomatiques en cours. Pour illustration, il a évoqué l’aggravation récemment de la guerre, notamment à Uvira dans la province du Sud-Kivu, tout juste après la signature de Paix RDC-Rwanda le 4 Décembre à Washington. Une opportunité pour le Cardinal Fridolin Ambongo d’affirmer une nouvelle fois que le Pacte social pour la paix dans la région des Grands Lacs, une initiative du couple CENCO-ECC, demeure selon lui une réponse appropriée à la crise qui secoue la région depuis plus de trois décennies.
« À l’heure actuelle, ce pacte apparait comme le chemin incontournable d’une paix désarmée et désarmante, d’une paix authentique et durable dans notre sous-région. Désarmée, parce que ce pacte refuse la logique des représailles, des exclusions et d’un triomphalisme éphémère. Désarmante, parce que cette initiative veut toucher les racines du conflit, aller en profondeur en réhabilitant la vérité, la justice et la dignité de chaque personne humaine. C’est ici le lieu de convier tous les protagonistes de la crise en République démocratique du Congo, toutes les forces vives de notre pays ainsi que la communauté internationale, à soutenir cette initiative et à la faire avancer (…) Si les appels de la CENCO et de l’ECC étaient entendus, notamment après la prise de Bunagana, combien de vies humaines ne pouvait-on pas épargnées ! Mais hélas, que du temps perdu, que des victimes que l’on pouvait éviter. C’est pourquoi nous condamnons avec la dernière énergie, comme nous l’avons déjà fait dans d’autres circonstances, tous ceux et celles qui voient dans la guerre la solution à cette crise. Au clair, notre génération ne serait-elle pas comparable à celle que Jésus interpellait en ces termes : « Nous vous avons joué de la flûte et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine. » (Matthieu 11, 17) », a soutenu Fridolin Ambongo.
A noter que l’ACEAC regroupe les Conférences épiscopales de la RDC, du Burundi et du Rwanda.
Il sied de souligner au sujet du conflit à l’Est de la RDC, que d’après plusieurs rapports d’experts indépendants ainsi que de déclarations d’officiels du régime de Kigali, que les agressions répétitives du Rwanda de territoires congolais depuis 1996 jusqu’à ce jour, avec l’instrumentation à chaque épisode de congolais sous couvertures de rébellions, répondent essentiellement aux ambitions territoriales et au contrôle de ressources minières de la partie orientale de la RDC par le Rwanda.
![]()
