RDC : L’unité de l’opposition se cristallise contre le pouvoir

RDC : L’unité de l’opposition se cristallise contre le pouvoir

Le ciel politique congolais semble s’assombrir suite aux récentes déclarations du Président Félix Tshisekedi ouvrant la porte à une révision constitutionnelle. Refusant de disparaitre dans cette obscurité, de figures de proue de l’opposition ont levé les boucliers. Entre accusations de « coup d’État institutionnel » et appels à la mobilisation populaire, Martin Fayulu, Moïse Katumbi et Jean-Marc Kabund sonnent la révolte contre ce qu’ils qualifient de dérive dictatoriale. 

La conférence de presse du Chef de l’État, mercredi dernier, a agi comme un détonateur. En évoquant la possibilité de consulter le peuple par référendum pour modifier la Loi fondamentale, Félix Tshisekedi a cristallisé les craintes d’un maintien au pouvoir au-delà des limites constitutionnelles. Depuis 48 heures, la riposte de l’opposition est frontale et coordonnée.

Martin Fayulu : « Le Congo est plus grand que nos ambitions » 

Ce vendredi 8 Mai 2026, Martin Fayulu, président de l’ECIDé, est monté au créneau avec une fermeté sans équivoque. Pour lui, l’histoire bégaye. Évoquant la lutte passée contre le troisième mandat de Joseph Kabila, il a promis une résistance similaire : « Avec la majorité du peuple congolais, nous allons barrer la route à tout projet de troisième mandat de Monsieur Félix Tshisekedi ». Très incisif, Fayulu a mis en garde contre le risque de balkanisation et de fragilisation de la cohésion nationale, estimant qu’il serait tragique que le fils d’Étienne Tshisekedi trahisse l’héritage démocratique de son père. Pour sortir de l’impasse, il réitère sa recette : un « dialogue national inclusif ».

Ensemble pour la République : Un « coup d’État institutionnel »

Du côté de Moïse Katumbi, la réaction est tout aussi virulente. Dans une déclaration politique publiée ce vendredi, son parti, Ensemble pour la République, accuse le régime de préparer un « coup d’État institutionnel ». Pour les partisans de l’ancien gouverneur, l’argument selon lequel la Constitution bloquerait le développement ou la sécurité du pays est un l « Ce n’est pas l’article 220 qui empêche de libérer l’Est », martèle le parti, pointant du doigt les détournements de fonds et l’inefficacité du commandement militaire plutôt que les textes législatifs. Selon Ensemble, la volonté présidentielle de toucher aux « verrous » constitutionnels constitue une rupture manifeste du serment présidentiel.

Jean-Marc Kabund : L’appel à l’insurrection démocratique

L’ancien allié devenu opposant radical, Jean-Marc Kabund, avait déjà donné le ton dès jeudi 7 mai. Fidèle à son style percutant, le président de l’Alliance pour le Changement (A.Ch) a fustigé « l’insouciance » du Chef de l’État face à la misère sociale des Congolais. Affirmant que la démocratie est « en péril », Kabund a lancé un appel direct à la rue : « Peuple congolais, levons-nous pour sauver notre pays ». Une rhétorique qui laisse présager un climat de confrontation dans les semaines à venir.

Un climat d’incertitude

Alors que le camp présidentiel justifie ces réformes par la nécessité d’adapter les institutions aux réalités congolaises, l’opposition, elle, y voit une stratégie de survie politique. La tension monte d’un cran à Kinshasa, et la question reste désormais de savoir si cette unité d’action de l’opposition parviendra à mobiliser une population déjà éprouvée par la crise économique. L’heure est aux grandes manœuvres. Wait and see !

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Claudel Katambwe

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