« L’erreur » Tshisekedi : L’Américain Tibor Nagy crache sur Kinshasa et sert la soupe à Kigali !
Alors que le Président Félix Tshisekedi a récemment évoqué sa disponibilité pour un troisième mandat, Tibor Nagy, ancien sous-secrétaire d’État américain aux affaires africaines, a violemment critiqué le Chef de l’État congolais. Une sortie qui suscite de vives interrogations, notamment en raison du passé et des amitiés de ce diplomate influent, réputé proche du régime de Kigali.
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« L’un de mes plus grands regrets de mon mandat… a été de plaider en faveur du soutien des États-Unis à Tshisekedi, vainqueur de l’élection congolaise de 2018. Je pensais qu’il serait vraiment différent… Quelle erreur ! ». C’est par ces mots, formulés ce jeudi 7 Mai 2026, que Tibor Nagy a pris le contrepied total de ses déclarations de 2019, où il qualifiait Félix Tshisekedi de véritable espoir démocratique.
Cette charge brutale, survenant quelques heures après la conférence de presse à Kinshasa où Tshisekedi a ouvert la porte à un 3ème mandat, cible la gestion congolaise et le virage diplomatique de la RDC. Cependant, dans les couloirs de la diplomatie et au sein de la société civile congolaise, cette prise de position est loin de faire l’unanimité et est analysée à la lumière de la réputation de l’homme.
Né en 1949, ancien ambassadeur américain en Guinée et en Éthiopie, Tibor Peter Nagy Jr est bien connu pour sa proximité avec le régime rwandais de Paul Kagame. Pour de nombreux observateurs, Nagy n’est pas un observateur impartial. Il a régulièrement promu la rhétorique rwandaise, notamment sur le M23. Il avait notamment déclaré, en défense du Rwanda : « Je sais que le président rwandais Kagame est très controversé, mais… si la communauté internationale lui demande de dissoudre le M23, elle devrait également exiger de la RDC qu’elle dissoute les groupes qui l’attaquent (FDLR). C’est la seule solution ! » Pour des analystes, ce parallélisme entre le M23, largement documenté par l’ONU comme soutenu par le Rwanda, et les FDLR, est une marque de fabrique de la diplomatie rwandaise, reprise fidèlement par Nagy.
En RDC, on s’étonne que l’ancien « monsieur Afrique » de Trump puisse feindre d’ignorer la dynamique sécuritaire à l’Est qui dure voici trois décennies, préférant imputer la responsabilité du chaos au seul Tshisekedi.
« Les combats dans l’est de la RDC ne cesseront pas tant que le Congo n’aura pas désarmé les FDLR et que le Rwanda n’aura pas arrêté le M23. Sinon, le Katanga riche en minerais sera le prochain à tomber », avait-il martelé récemment, une forme de menace qui interroge sur son rôle de « lobbyiste » pour Kigali, plutôt que de diplomate objectif.
La question se pose donc : Tibor Nagy s’exprime-t-il en tant qu’expert indépendant ou en tant que porte-voix des intérêts rwandais dans la région des Grands Lacs ? Pour la RDC, dont la souveraineté est ébranlée par l’agression rwandaise, les critiques de Nagy semblent surtout conçues pour déstabiliser l’Exécutif en place et valider la rhétorique du régime de Kigali qu’il considère comme un partenaire stratégique incontournable. Dans le paysage géopolitique actuel, le « regret » de Nagy semble moins relever d’une analyse démocratique que d’un réalignement stratégique. Qu’on se le dise !
